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REGISTRES DU BUREAU
[1553]
qu'il n'y ayt faulte, sans attendre autre ne plus ex­près mandement; autrement nous nous en deschar­gerons sur vous, et à payer lesd, sommes que vous avez levées ou deu lever, veu les contrainttes qui
pour ce fere vous ont esté baillez, serez contrainctz comme pour les propres affaires du Roy.
"Faict au Bureau de la Ville de Paris, le vi0 jour de Septembre 1553.n
Ensuit plusieubs lettres du Roy et de Monseigneur le Connestable,
et autres actes touchant le fournissement de certain nombre de chevaulx
demandez par le roy à lad. vllle pour son service
selon et ainsi qu'il s'ensuit w.
CCCXC.
Lettres du Roy pour recouvrer chevaulx pour mener l'artillerye '$.
Reçues le io septembre i553. (A fol. 64 v°; B fol. 224 v°.)(3)
8 septembre. De par le Roy.
"Trés chers et bien aînez, pour ce que le nombre d'artillerye que nous avons à employer pour l'exe­cution de noz entreprinses est si grand qu'il nous est force de d'augmenter le nombre des chevaulx qui servent à la conduitte de lad. artillerye jus­ques à deux ou troys cens d'avantage, lesquelz nous 11e saurions plus promptement ne commodement recouvrer que en nostre ville de Paris et par le moien de vous qui, avec la bonne volunté que vous avez de vous employer en toutes choses qui con­cernent nostre service et avez la congnoissance des voitturiers qui nous pourront secourir en ung si pressé affaire.
"A ceste cause, nous vous prions et neantmoings mandons que, incontinant la presente receue et le plus diligemment qu'il vous sera possible, vous donnez ordre de recouvrer en nostred, ville de Paris jusques aud. nombre de troys cens chevaulx roul-liers et de traict, bons et bienenharnachezetequip-pez de ce qui leur sera besoing pour la conduitte de nostred, artillerye aux lieux et ainsy que nous aurons à nous en servir. Et iceulx envoyez inconti­nant devers nostre cousin le s0 d'Estrées, la part
que sera nostre camp et armée, lequel le fera re­cepvoir et ordonnera à ceulx qui auront charge de la conduitte d'iceulx chevaulx, ce qu'ilz auront à faire pour nostre service. Et quanta leur sallaire, nous leur ferons payer tel et semblable que aux autres chevaulx servant à nostred, artillerye, qui est pour quatre chevaulx et le chartier cinquante solz tournois par jour; à laquelle raison vous leur ferez advancer ce qu'il faudra pour les admener jusques en nostre camp et armée. Et depputterez quelqu'un de nostred. Ville qui ayt charge de les y conduire et les rendre aud. sr d'Eslrée, et aussy de recevoir les deniers du remboursement de lad. avance que nous ferons mettre en ses mains pour les vous re­porter, et aussy le ferons si bien payer de son voiage qu'il aura occasion de s'en contenter.
"Et pour ce que c'est chose si pressée et necces-saire qu'elle ne peult endurer autre remise, longueur ny dilation, que ce ne feust à nostre grand prejudice et dommage et à la retardation de noz entreprinses, nous vous mandons et ordonnons de rechef que vous ne faittes faulte à ce que dessus, et incontinant nous adverlissez de l'ordre que vous y aurez donné, et dedans quel temps lesd, chevaulx pourront arriver la part que sera nostred, armée; en quoy faisant et
O Rubrique générale empruntée au Registre B, fol. 223 r°; voir la note suivante.
W Dans le Registre B, la rubrique de cette missive est ainsi conçue : Lettres du Roy envoyées à la Ville touchant lesd, chevaulx , dont la teneur ensuit. L'expression «lesd, chevaulx" montre que ce document est compris, ainsi que plusieurs autres de méme nature, sous un titre général, lequel figure dans ce Registre en tête de notre article CCCXCll, mais que l'ordre chronologique nous interdit de maintenir en cette place; en conséquence, nous l'avons transporté en tète du premier document dc cette série, qui s'étend jusqu'au n° CCCXCIX.
(3) Dans le Registre B, ces Lettres n'ont été transcrites qu'après celles qui portent ci-dessous les n°' CCCXCll el CCCXCII1.
'*> Jean d'Estrées (i486-i 571), seigneur de Valieu et de Coeuvres, chevalier de l'Ordre, fut d'abord page de la reine Anne de Bretagne; il servit avec distinction sous François I" et sous Henri II, qui lui donna la charge de grand-maître et capitaine général de l'Artillerie, par lettres du g juillet 155o.